Les dessins de Van Gogh à Arles

Van Gogh est généralement perçu comme l’un des plus grands dessinateurs de l’ère impressionniste et postimpressionniste. Si nombre de ses premiers dessins sont quelque peu maladroits, cent fois sur le métier, il se remet à l’ouvrage. Il consacre les trois premières années de sa carrière d’artiste à dessiner. Une bonne maîtrise du dessin était généralement considérée comme le point de départ essentiel d’une carrière de peintre, et Van Gogh chérit ce principe.

Il utilise différentes techniques pour dessiner – crayons gras, craie noire, mines de plomb et autres minéraux foncés –, et peint également beaucoup d’aquarelles. Mais c’est en dessinant à la plume que son véritable talent se manifeste. Sa maîtrise extraordinaire de cet outil culmine à Arles quand il découvre un type de roseau qu’il peut tailler et transformer en plume. La plume lui permet de réaliser des dessins où les hachures, les traits ondulants et les points sont d’une précision sans faille et d’une extrême vivacité.

Le Rocher de Montmajour
« Le Rocher de Montmajour avec des pins », Arles, juillet 1888. Crayon, plume, calame, pinceau et encre noire sur papier vélin, 49,1 x 61 cm. Musée Van Gogh, Amsterdam (Fondation Vincent van Gogh)

Les premiers dessins qu’il exécute à Arles datent de mars 1888. Le Japon est alors très présent dans son esprit : ses dessins ont dans un premier temps le même format que les estampes japonaises de sa collection. Le coup de crayon des artistes japonais est un modèle pour lui : « Le Japonais dessine vite, très vite, comme un éclair. C’est que ses nerfs sont plus fins, son sentiment plus simple. » Il peint également plusieurs aquarelles avec de larges aplats de couleur, inspirées des estampes japonaises gravées sur bois.

Van Gogh dessine plusieurs portraits, comme celui d’un jeune zouave et du facteur Joseph Roulin. Mais ce sont surtout les dessins de paysages qui dominent sa production. À Montmajour, face à la vaste plaine de La Crau, il réalise deux séries de paysages à la plume de roseau, l’une sur des feuilles de petit format, l’autre sur de grandes feuilles. La dénommée « seconde série de Montmajour » se révèle exceptionnelle. C’est également sur la plaine de La Crau qu’il travaille ses scènes de moisson, sujet de nombre de tableaux et dessins de l’été 1888.

Il exprime le lien très fort qui existe entre ses dessins et ses peintures en créant parfois des « dessins après tableaux » qu’il envoie par séries à ses amis John Russell et Emile Bernard, ainsi qu’à son frère Théo.