Van Gogh et le paysage urbain de la ville d’Arles

Au cours de sa vie, Van Gogh a séjourné dans plusieurs villes – La Haye, Anvers, Paris, Arles –, et a trouvé en chacune d’elles une source d’inspiration. Hormis quelques dessins d’Anvers, il a toujours manifesté dans son œuvre un certain désintérêt pour le patrimoine antique.

Avec Arles, il en va de même. À l’exception des sarcophages des Alyscamps et de la cour de l’hôpital où il est soigné lors de sa dépression, aucun monument ancien ne figure dans ses peintures. Les sujets de ses tableaux sont issus de l’univers ordinaire qui l’entoure : un viaduc, des ponts, le plus connu étant l’ancien pont de Trinquetaille avec sa structure métallique. Les berges du Rhône, dans la vieille ville, à l’intérieur des remparts, trouvent également leur place dans son œuvre tout comme le canal de la Roubine du roi, au nord-est d’Arles.

Il se découvre une passion pour les parcs et les jardins, qu’il peint en abondance à Arles. Le jardin public, voisin du théâtre romain et qu’il appelle « Le jardin du poète », le charme tout particulièrement et lui inspire quatre tableaux.

La maison jaune
« La Maison jaune (« La Rue ») », 1888. Huile sur toile, 72 x 91,5 cm. Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent Van Gogh Foundation)

Plusieurs de ses paysages urbains sont désormais célèbres.
 La petite maison de la Place Lamartine où il vécut (qui n’existe plus aujourd’hui) est le sujet central du tableau communément intitulé La Maison jaune, bien que Van Gogh lui préférât le nom de La Rue.
 On lui doit également une œuvre tout à fait remarquable qu’il peint de nuit en installant son chevalet près du Café de la Nuit, sur la Place du Forum : le café semble baigné d’une lumière jaune sur fond de ciel étoilé.

Pendant le séjour de Gauguin à Arles, les deux artistes réalisent plusieurs tableaux des Alyscamps, situés en bordure de la vieille ville. Tous représentent des scènes d’automne très évocatrices de l’atmosphère régnant dans cette ancienne nécropole.

Alors qu’il est interné pour la seconde fois à l’hôpital d’Arles, Van Gogh peint et dessine la magnifique cour de cet Hôtel-Dieu (XVI–XVIIe siècle), immortalisant à jamais son environnement, au cours d’une période douloureuse de sa vie d’artiste.

Une vue d’Arles figure parmi de nombreux autres tableaux et dessins, tel Le champ de fleurs près d’Arles, où des iris dominent le tableau au premier plan.