Symposium – Les autodidactes

LES AUTODIDACTES — DE VAN GOGH À PIROSMANI
Vendredi 20 et samedi 21 septembre 2019

La Fondation Vincent van Gogh Arles annonce son troisième symposium intitulé « Les autodidactes – De Van Gogh à Pirosmani », qui se tiendra à Arles les 20 et 21 septembre.
Il entend revenir sur deux modèles d’autodidactes du XIXe siècle, Niko Pirosmani (1862-1918) et Vincent van Gogh (1853-1890), ainsi que sur les enjeux que soulève cette notion aujourd’hui. Le modèle de l’autodidacte apparaît dès lors comme une figure qui nous éclaire sur nos systèmes de valeurs, nos modalités de reconnaissance et d’apprentissage au sein d’un monde où coexistent différentes conceptions de la culture.
Lors de deux journées, historiens de l’art, critiques, écrivains, artistes et enseignants se réunissent pour débattre de l’autodidaxie à travers de multiples perspectives.

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INTERVENANTS
Maja Hoffmann
, présidente et fondatrice de la Fondation Luma et présidente de la Fondation Vincent van Gogh Arles
Mehdi Belhaj Kacem, écrivain
Mathis Collins, artiste, Paris
Bice Curiger, directrice artistique de la Fondation Vincent van Gogh Arles
Philippe Dagen, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université Paris I Panthéon Sorbonne et critique d’art au quotidien Le Monde
Diedrich Diederichsen, écrivain, commissaire d’exposition, critique et professeur à l’académie des beaux-arts, Vienne
Susanne von Falkenhausen, professeure émérite d’histoire de l’art moderne et contemporain à l’université Humbolt de Berlin
Giorgi Khoshtaria, historien d’art, professeur universitaire, ancien ministre des affaires étrangères de la Géorgie, Tbilissi
Nino Khundadze, curatrice en chef des nouvelles collections contemporaines au Musée national de Géorgie, Tbilissi
Ekaterine Kiknadze, historienne de l’art, directrice du Musée des beaux-arts Shalva Amiranashvili et de la Galerie Nationale Dimitri Shevardnadze, Tbilissi
Charlotte Laubard, historienne de l’art, curatrice et directrice du département d’Arts visuels de la HEAD, Genève
Wato Tsereteli, artiste, curateur et directeur du CCA de Tbilissi
Natsuko Uchino, artiste, Paris et Saint-Quentin-la-Poterie
Dinara Vachnadze, directrice des collections au Musée national de Géorgie, Tbilissi
Raphaela Vogel, artiste, Berlin
Gilda Williams, éditrice, critique d’art, maîtresse de conférence au MFA Curating, Goldsmiths College, Londres

 

INFORMATIONS PRATIQUES
La participation au symposium est gratuite.
Inscription requise par email : symposium@fvvga.org 
Lieu : Luma Arles, La Formation – Parc des Ateliers. 33, avenue Victor-Hugo, 13200 Arles 
Conférences en traduction simultanée français / anglais 

 

PROGRAMME
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VENDREDI 20 SEPTEMBRE
 
10h00  Bice Curiger
10h30  Giorgi Khoshtaria
11h00  Philippe Dagen
 
Pause café à 11h30
 
12h00  Susanne von Falkenhausen
12h30  Mathis Collins
13h00  Table ronde
 
 Pause déjeuner à 13h30
 
14h30  Gilda Williams
15h00  Raphaela Vogel
15h30  Diedrich Diederichsen
 
Pause café à 16h00
 
16h15  Charlotte Laubard 
16h45  Table ronde
 
21h30  Projection du documentaire TIM ROLLINS & K.O.S (cour de la Fondation Vincent van Gogh Arles)

SAMEDI 21 SEPTEMBRE
 
10h00  Mot d’accueil, Maja Hoffmann
10h10  Mehdi Belhaj Kacem
10h50  Natsuko Uchino
 
Pause café à 11h20
 
11h45  Wato Tsereteli
12h15  Table ronde
 
16h-17h  Grand Finale devant les tableaux de Niko Pirosmani à la Fondation Vincent van Gogh Arles : discussion avec Ekaterine Kiknadze, Nino Khundadze, Dinara Vachnadze

Et… à partir de 18h30 (et jusqu’à 3h),
LUMA ARLES invite le festival de musique
WE LOVE GREEN 
pour le rendez-vous
LE SON DU PARC,
soirée événement avec concerts pop, rap et électro en plein air

 

 

 

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Le terme « autodidacte » est généralement utilisé pour désigner celui qui a acquis par lui-même un savoir ou une technique en lisant, en observant et en s’exerçant – dans une démarche aux antipodes, par exemple, d’études artistiques académiques, validées par l’institution.
Mais que retenons-nous pour autant, à sacrifier les hautes valeurs culturelles sur l’autel d’un relativisme général, où tout se vaut ? Face à ce relativisme, que dire du « canonique » au sein d’un monde globalisé et fragmenté ? Que dire d’un désapprentissage qui tend à mettre à mal l’autorité des détenteurs du savoir ? Ces différentes « cultures du savoir » supposent diverses réalités géopolitiques qu’il conviendra d’interroger.
 
Dans l’histoire de l’art moderne, le tournant du XXe siècle fournit l’exemple d’un intérêt particulier porté aux artistes n’ayant reçu aucune formation académique et dont l’art fut par la suite qualifié de « primitiviste », « naïf », « puéril », « brut ». La passion de ces nombreux avant-gardistes pour une expression artistique se manifestant en dehors des règles académiques se nourrissait alors de la vision fantasmée d’un « état primitif » et répondait à un désir d’authenticité qui continue de s’exprimer aujourd’hui dans la culture populaire.
 
Les expositions présentées à la Fondation jusqu’au 20 octobre 2019, « Niko Pirosmani – Promeneur entre les mondes » et « Vincent van Gogh : Vitesse & Aplomb », apportent un cadre de réflexion permettant de confronter deux modèles d’autodidactes, et d’appréhender leur rapport respectif à l’apprentissage et à la réception de leur travail.
 
Vincent van Gogh (1853-1890) lui-même, qui avait déjà vingt-sept ans lorsqu’il décide de devenir peintre, est considéré comme un exemple étonnant d’autodidacte. Il avait eu accès à la culture lorsqu’il était tout jeune, en visitant les musées avec passion et durant son apprentissage professionnel à l’âge de seize ans chez Goupil & Cie, l’un des plus grands marchands d’art et éditeur de l’époque. Cependant, il se forme sans aide extérieure lors des trois premières années de sa vie d’artiste, s’exerçant à la peinture et au dessin, copiant les artistes qui l’inspiraient. Ainsi était-il un autodidacte particulier dans la mesure où il s’appuyait sur la culture raffinée qu’il avait acquise. C’était aussi un cosmopolite qui, après avoir noué des contacts avec les artistes parisiens les plus avant-gardistes, opta pour une vie simple à la campagne en quête de la lumière et des couleurs de la Provence qui lui permettront de perfectionner sa nouvelle technique.
 
Niko Pirosmani (1862–1918) eut un destin comparable à celui de Van Gogh : après avoir lui aussi échoué à exercer plusieurs métiers, il résolut de se consacrer entièrement à la peinture et de vivre de la vente de ses tableaux sans avoir suivi au préalable de formation. Dans la ville de Tbilissi d’alors, un creuset de différentes cultures, il mène une existence de vagabond, trouve son public dans les tavernes et les auberges, loin des grands centres artistiques et de leurs experts. Cela ne l’empêche pas d’être découvert en 1913 par trois jeunes avant-gardistes qui veillent à ce que quatre de ses toiles soient présentées à Moscou dans la célèbre exposition « La Cible », aux côtés d’œuvres de Kasimir Malevitch, Mikhaïl Larionov et Natalia Gontcharova.
 
Par ailleurs, tandis que Van Gogh était convaincu que son art et celui de ses amis artistes ne recevraient qu’une reconnaissance différée, Pirosmani a créé l’univers séduisant de ses tableaux dans une relation immédiate avec le public. Ses peintures nous fascinent encore aujourd’hui par leur esprit sauvage, libre et foncièrement humain.

 

Le symposium est organisé par la Fondation Vincent van Gogh Arles,
conçu par Bice Curiger en collaboration avec Julia Marchand,
avec le soutien de Luma Arles et Infinitart Foundation Vienna.

               


Ce symposium constitue le dernier volet d’une trilogie de conférences. « Van Gogh – Duchamp : Huile & Eau ? » s’est déroulé en janvier 2015 ; « Van Gogh pré-pop », s’est tenu en mars 2017. Les actes de ces symposiums ont par ailleurs été publiés.

 

 

 

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