Glenn Brown « Suffer Well »

Jusqu'au 11 septembre 2016 - 11H00 a 19H00

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Vue des salles de l’exposition © Edgar Laguinia

Glenn Brown est l’un des artistes contemporains britanniques parmi les plus singuliers. Sorti diplômé de la célèbre école londonienne Goldsmiths College en 1992, il avance à contre-courant. La peinture, figurative de surcroît, est à cette époque le parent pauvre des médiums artistiques. Alors que ses contemporains se demandent « Pourquoi prendre la peine de peindre ? », Glenn Brown entend faire du pinceau des maîtres anciens, tel Vincent van Gogh, le sujet de ses peintures.

Cet été, la Fondation Vincent van Gogh Arles met l’artiste à l’honneur en lui consacrant une rétrospective majeure, réunissant près d’une trentaine d’œuvres. L’événement est de taille, non seulement car la dernière rétrospective sur son œuvre, en France, remonte à l’année 2000 mais aussi car sont réunis les trois médiums : peinture, sculpture et dessin.

Depuis 2013, Glenn Brown pense le dessin comme une expression artistique autonome et dont la surface est recouverte par un ensemble de taches et de lignes sinueuses qui s’enchevêtrent et se répondent. En outre, ses dessins entretiennent un rapport thématique et viscéral avec ses peintures et ses sculptures. Ces dernières arborent des coups de pinceau affranchis de la surface plane de ses peintures pour constituer un agglomérat condensé, bariolé, sur une base en bronze. Les trois nouvelles sculptures conçues pour l’exposition « Suffer Well » peuvent être perçues comme des traductions, en trois dimensions, de la touche de Frank Auerbach et de la chromie, trompeuse et vieillie, des reproductions des œuvres de Vincent van Gogh. L’une d’elle, Champ d’iris près d’Arles, peinte par
Van Gogh en 1888 et présentée dans l’autre exposition, a fourni la palette chromatique à l’œuvre sculpturale The Flowers of Arles de 2016. Cette profusion de matière tactile dialogue avec des toiles sans relief qui donnent, elles aussi, l’impression d’un jeu de textures et de masses visuelles fiévreuses.

C’est ainsi que l’art de Glenn Brown nous dévoile la force subjective de ses traductions des reproductions d’œuvres de maîtres anciens, de l’atomisation de la peinture ainsi que de l’inépuisable inventivité de sa pratique qui s’approprie les styles et les couleurs des dessins et des peintures classiques. Il émane de ses œuvres – dessins et peintures confondues – une réalité plurielle, floue et flottante où l’ambiguïté visuelle évoque celle propre à notre époque numérique.

À l’image du titre de l’exposition, qui emprunte son nom à une chanson du groupe Depeche Mode ainsi qu’à l’une des peintures présentes dont le motif s’est construit à partir de la célèbre toile de
Van Gogh Crâne de squelette fumant une cigarette (1885-1886), la pratique de Glenn Brown se nourrit d’un entrelacs de références « dissonants », du baroque au réalisme allemand, de la musique new wave au genre de l’horreur, en passant, bien entendu, par les œuvres de Van Gogh, qu’il regarde et examine avec la précision d’un orfèvre.

Commissaire de l’exposition : Bice Curiger

À propos de l’artiste

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« Suffer Well », Huile sur bois, 157 × 120 cm. The V-A-C Collection, Moscou. Photo : Robert McKeever

Né en 1966 à Hexham (Northumberland), dans le nord-est de l’Angleterre, Glenn Brown réside et travaille principalement à Londres. En 1989, il participe à l’exposition itinérante « New Contemporaries » dédiée à la jeune création émergente made in Britain. Trois années plus tard, il sort diplômé du Goldsmiths College (Londres).

Dès le début de sa carrière artistique, Glenn Brown interroge l’originalité de l’œuvre, et affirme qu’il souhaite « peindre la peinture ». Il est influencé par la pratique de Sigmar Polke et de Gerhard
Richter qui utilisent la photographie et l’image imprimée pour faire évoluer la peinture dans une époque qui semble avoir sonné le glas de ce médium. Glenn Brown regarde alors les photographies et autres reproductions de peintures et de dessins auxquelles il fait subir une transformation inédite.

Tout son art repose sur des méthodes innovantes d’appropriation et de reconfiguration d’œuvres appartenant essentiellement au passé. En témoigne sa première exposition personnelle en France, en 2000, au Centre d’art contemporain du domaine de Kerguéhennec à Bignan, où l’artiste présentait des peintures empreintes de références multiples aux œuvres de Salvador Dalí, aux portraits du peintre anglais néo-expressionniste Frank Auerbach ainsi qu’aux illustrations issues de l’univers de la science-fiction. Déjà, des sculptures répondaient aux œuvres en deux dimensions, à la surface lisse et à l’allure trompeuse, qui donnent l’impression d’être texturées. Elles sont en réalité d’une planéité nouvelle, chaque trait étant peint avec un pinceau d’une extrême finesse, utilisé habituellement dans le monde de la carrosserie.

Grâce à une maîtrise parfaite de la technique du trompe-l’œil, Glenn Brown parvient à insuffler dans ses tableaux l’illusion de la profondeur. L’utilisation de couleurs acidulées, combinée à une prolifération de taches et de lignes de tous ordres, confère à son travail un classicisme expressif réinventé, un maniérisme subjectif qui se poursuit jusque dans le présent.

Son œuvre a fait l’objet de nombreuses expositions aux titres évocateurs, tant au Royaume-Uni qu’à l’étranger, signalant son appartenance au renouveau de la peinture contemporaine : une peinture qui regarde l’histoire de l’art occidental pour « digérer », « transformer » des styles donnés afin de produire un contenu psychologique, un univers idiosyncratique.

The Hokey Cokey, 2016
Peinture à l’huile et acrylique sur structure en acier, bronze, 88 x 66 x 66 cm
Gagosian Gallery. Photo : Mike Bruce

Catalogue édité à l’occasion de l’exposition

Catalogue-Glenn BrownGlenn Brown : Suffer Well

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Informations pratiques :

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