Rebecca Warren

Jusqu'au 17 septembre 2017 - 11H00 a 19H00
There Is Another Way, 2011, bronze peint à la main. Courtesy : L’artiste et Maureen Paley, Londres ; et Los Angeles, 2013, bronze peint à la main. Courtesy : L’artiste et la Galerie Max Hetzler, Berlin | Paris © François Deladerrière

Rebecca Warren sculpte des formes possiblement figuratives, possiblement expressives, en argile, en bronze et en acier soudé, et met en scène des fragments qu’elle expose souvent dans des vitrines murales, mais pas uniquement. Elle s’attache aux extrêmes – excès monstrueux, manque alarmant – et crée une variété d’objets qu’elle décrit comme existant « quelque part entre la pure chair et le pur dessin animé ». Son travail est bouillonnant, parfois contradictoire, résultat de la contemplation prolongée de l’impulsion créatrice et de la puissance mystérieuse des images et des objets.
L’écho que provoque en nous la sculpture de Warren doit beaucoup à sa conception aiguisée du cadrage, du positionnement et du contexte ; à la manière dont ses œuvres agissent et réagissent en se combinant les unes aux autres ou dans un cadre spécifique. Les attentes – et notamment l’hypothèse que l’on peut distiller le sens à partir de l’apparence – sont mises à mal. On préfère ici les plaisirs et les singularités plus complexes du regard.

 

 

« Cette rencontre expérimentale et burlesque entre Giacometti et Disney, littéralement coulée ou compressée dans un corps physique, ne laisse pas indifférente. On pourrait de fait considérer la sculpture de Warren comme une réponse aux topoï du genre enracinés dans notre culture – la silhouette moderniste élancée d’un côté et la normalisation à la Disney du joli et du frénétique de l’autre – s’entrechoquant dans le monde réel, dans la vie des gens réels. Mais Warren ne réalise pas seulement des illustrations critiques en montant un élément contre un autre. L’enjeu est ailleurs. Associer deux choses qui ne “ correspondent ” pas n’est qu’une méthode possible. Une consiste à dupliquer (tout en détournant la logique de la duplication) ; une autre à altérer la proportion (étirer, rétrécir, etc.). Une dernière consiste à utiliser des matériaux et des conventions de manière non-conventionnelle1. »

Commissaire de l’exposition : Bice Curiger

À propos de l’artiste

Rebecca Warren est née à Londres en 1965. Elle y vit et y travaille. Son questionnement sur ce qui fait sculpture – le processus par lequel la matière est formée, la référence irrévocable à la tradition, le chaos de la production et les interprétations équivoques – a toujours privilégié l’approche tactile de la production par laquelle la sculpture s’appréhende, surtout par l’entremise du toucher. Allant ainsi à contre-courant de la sculpture-image qui cherche à établir des connivences agréables avec le spectateur et son environnement, Rebecca Warren travaille de manière à ce que la surface ne soit jamais complètement séduisante. Aussi, nombre de ses œuvres, à l’allure faussement grossière, sont créées à partir d’argile non cuite (Private Schmidt, 2004 ; Helmut Crumb, 1998). Depuis quelques années, Rebecca Warren a délaissé l’argile en faveur du bronze. Le couplage de figurines quasi abstraites tel qu’on le retrouve dans son installation à la Fondation appartient à sa grammaire plastique ; en témoigne Come, Helga de 2006.

Précédentes expositions :
•    « Rubens and His Legacy », Royal Academy of Arts, Londres, 2015
•    « The Human Factor: Uses of the Figure in Contemporary Sculpture », Hayward Gallery, Londres, 2014
•    « Riotous Baroque. From Cattelan to Zurbarán – Tributes to Precarious Vitality », Guggenheim Museum Bilbao, 2013

 

1 Jörg Heiser, Bronze Heads and Hair Bows in Rebecca Warren, Galerie Max Hetzler, Holzwarth Publications, 2012.

Informations pratiques :

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