« Mon cher… » Urs Fischer

Jusqu'au 29 janvier 2017

L’exposition d’envergure consacrée à Urs Fischer, né en 1973 à Zurich, sera dévoilée au public le 1er octobre 2016. « Mon cher… » se tiendra à la Fondation Vincent van Gogh Arles pendant quatre mois et entend offrir un panorama des productions d’Urs Fischer postérieures à 2013 : sculptures monumentales et de format plus intime, peintures sur aluminium et papiers peints, le tout à travers un parcours dynamique impliquant le mouvement du visiteur. 

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Urs Fischer, « Melodrama », 2013. Maja Hoffmann / LUMA Foundation. Avec l’aimable atutorisation de l’artiste et de Sadie Coles HQ, Londres. Crédit photo : Mats Nordman

Au-delà de la puissance d’organisation de l’espace, que démontre entre autres le déluge de gouttes d’eau colorées et surdimensionnées de l’installation Melodrama (2013) sur plus de 400 m2, la singularité de cette exposition tient au simple fait que la totalité des espaces du musée sont consacrés à ce seul artiste. Généreuses, ironiques et suscitant l’empathie, ses œuvres ponctuent un parcours qui se propage jusqu’aux salles les plus atypiques, tels la cour extérieure ou un cabinet orné de boiseries. Parmi elles figure aussi Sous-bois (1889) de Vincent van Gogh, le prêt annuel en provenance du musée Van Gogh d’Amsterdam.

Le travail d’Urs Fischer est marqué par une extraordinaire tension entre, d’une part, les notions d’individualité et de collectif, et, d’autre part, l’évocation de formats sculpturaux traditionnels et la production d’œuvres en deux dimensions à l’ère postdigitale. Cette oscillation entre deux pôles entraîne parfois leur imbrication, si bien que le simulacre visuel, normalement associé à la photographie, affecte aussi le médium de la sculpture. 

Devant last supper (2014), le doute s’installe quant au matériau utilisé. L’aspect de cette sculpture de plus de sept mètres de long est propre au modelage de l’argile ; il révèle l’effort collectif sollicité pour façonner l’œuvre initiale, présentée au musée d’Art contemporain de Los Angeles (MOCA) en 2013. L’argile est devenue bronze dans un processus d’anoblissement qui a cependant gardé les traces de la genèse de la sculpture et les empreintes de chaque participant. Les mêmes glissements semblent s’opérer pour les huit sculptures en bronze moulé de femmes allongées. Ne convoquent-elles pas l’idée d’un atelier collectif de modelage d’une académie des beaux-arts qu’auraient délaissé modèles et étudiants ? De vivant, il ne resterait alors que la production qui semble s’éprouver encore, le non finito d’œuvres ancrées dans le passé et tournées vers un devenir. Face à la « subjectivité collective » insufflée dans ces sculptures marquées par une matérialité sensuelle et archaïque, répondent des images placées sous les signes de l’hyperréalité et de l’autoportrait. Ces tableaux sur aluminium, dont Barium (2016), représentent une partie du corps de l’artiste (oreille ou œil) encerclée par des couches de peinture de couleur sérigraphiées à l’effet trompeur d’empâtement.

La référence à Van Gogh se tisse, non seulement à travers le titre de l’exposition, mais aussi au gré des œuvres exposées, convoquant tantôt l’émotion du relief, l’affirmation de la couleur hautement étudiée ou l’ambivalence contenue dans l’autoportrait. 

À propos de l’artiste

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Urs Fischer, « Barium », 2016. Édition unique. Collection privée. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. Crédit photo : Mats Nordman

Urs Fischer est un artiste suisse né à Zurich en 1973. Il vit et travaille à New York depuis 2004.

Il a étudié la photographie à Zurich, à la Schule für Gestaltung, puis à Rotterdam ; un apprentissage qui a forgé son « goût pour les images et leur valeur intrinsèque1 ».

Selon l’artiste, les images sont regardées pour leur puissance associative, leur charge émotionnelle et leur illusion affirmée, autant de propriétés qui s’appliquent également à ses objets tridimensionnels. Pensant résolument en sculpteur, il alterne photographie, sculpture, peinture et installation. À ce panel de possibilités plastiques se greffent les projets qu’il conduit avec sa maison d’édition Kiito-San.

L’espace d’exposition est modelé et appréhendé comme un lieu de production investi de ses recherches formelles expressives oscillant entre le ludique et le dramatique. Loin de faire cavalier seul, l’artiste organise parfois des situations participatives au cœur desquelles les visiteurs sont invités à contribuer à la réalisation de sculptures à partir de blocs d’argile. La dernière production collective en date excède les dimensions des installations précédentes : l’artiste a transformé les espaces extérieurs de l’institution moscovite Garage Museum of Contemporary Art en atelier de poterie géant.

Outre l’utilisation de matériaux naturels facilement dégradables, telle l’argile, Urs Fischer a recours à des techniques innovantes, qui témoignent également de sa soif d’expérimentation. Prolifique, il a su captiver la scène internationale. Il expose dans de nombreux pays, et son travail est présenté dans les plus grandes collections publiques et privées.

1 Michele Robecchi in Madame Fisscher (catalogue d’exposition), 2012.

Catalogue édité à l’occasion de l’exposition

couv-catalogue-urs-fischerMon cher… Urs Fischer

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Informations pratiques :

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