Histoire

L’Hôtel Léautaud de Donines a sans doute été construit au XVe siècle par le marchand Jacques Grilho, ancêtre de la célèbre famille arlésienne des Grille. Outre la richesse de ses commanditaires, le bâtiment témoigne du tournant architectural de la fin du Moyen Âge et d’une époque où, au sein de la trame urbaine, les demeures privées d’une telle ampleur (330 m² au sol, élevés sur trois niveaux) sont peu nombreuses.

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Si le bâtiment a subi de nombreuses modifications au fil des siècles, il a conservé, dans sa partie supérieure, des éléments d’architecture fortifiée du XVe siècle. Son architecture générale relève du type « maison-tour » couverte d’une terrasse. Celle-ci, entourée aujourd’hui d’un muret, était peut-être à l’origine ceinte de merlons¹ et de créneaux. En effet, certaines demeures nobles de l’époque cachaient leur toit par un couronnement sophistiqué de mâchicoulis² et de crénelage afin de donner l’image d’une maison forte, à la fois par son aspect militaire et par l’assimilation d’une couverture plate pour le guet à l’ancienne tour médiévale.

Au dernier niveau subsistent des baies – héritées de l’art gothique – en arc brisé porté par de petits chapiteaux et dans lequel s’inscrivent des arcs trilobés³. À proximité s’ouvrent de grandes fenêtres à croisée, dont le style annonce la Renaissance. Les deux autres niveaux portent clairement des encadrements de fenêtres du XVIIIe siècle, témoins des remaniements survenus à cette époque.

L’intérieur de l’ancien hôtel ne conserve aucun élément d’origine. Seule une cheminée monumentale qui ornait le premier étage a été déposée au Museon Arlaten.

Occupé par une branche cadette de la famille des Grille jusqu’à la Révolution, l’hôtel est acheté au XIXe siècle par le comte Léautaud de Donines.

Au XXe siècle, l’édifice accueille la Banque de France qui en modifie profondément l’intérieur. Libéré de cette affectation au début des années 2000, le bâtiment est alors racheté par la ville.

¹ Partie pleine d’un parapet entre deux créneaux.
² Construction en saillie au sommet d’une tour ou d’une muraille.
³ Partie supérieure d’une ouverture constituée de trois lobes.