Van Gogh fait son cinéma
par le critique d'art Hervé Gauville
18h30
La Fondation Vincent van Gogh Arles, en partenariat avec Le Méjan Arles, donne carte blanche à Hervé Gauville pour une conférence-projection, à partir de son livre L’Attrait de Vincent van Gogh (éd. Yellow Now, 2018), qui explore la manière dont le cinéma s’empare de la figure du peintre.
À mesure que les biopics de peintres prolifèrent, il importe de rappeler que Van Gogh n’a cessé, depuis les origines du cinéma, de susciter des interprétations plurielles.
À rebours du regard historien, chaque cinéaste invente son Van Gogh.
Le parcours proposé en retient quelques jalons : des œuvres où le peintre devient moins un sujet qu’un motif, et où le cinéma affirme ses propres formes, jusqu’à parfois faire disparaître Van Gogh dans l’image.
Extraits présentés :
* Van Gogh — Alain Resnais, 1948
* Lust for Life (La Vie passionnée
de Vincent van Gogh) — Vincente Minnelli, 1956
* Van Gogh — Kijû Yoshida, 1978
* Dreams (Les Corbeaux / Yume) — Akira Kurosawa, 1989
* Van Gogh — Maurice Pialat, 1991
+ en guise de conclusion :
* Un Flic — Jean-Pierre Melville, 1972
Sans réservation
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Lieu : La Chapelle du Méjan
Place Nina Berberova, 13200 Arles
Hervé Gauville est écrivain et critique d’art. Ancien chef de la rubrique des arts plastiques au journal Libération, il a aussi tenu la rubrique cinéma pour la revue Artpress et a enseigné à la Haute École d’art et de design de Genève (intitulé de l’enseignement : « Arts plastiques & cinéma »). Il a publié de nombreux écrits sur l’art et plusieurs ouvrages littéraires.
À l’heure où les biographies filmées se multiplient et, en particulier, les biopics de peintres, il est bon de se rappeler que l’un des plus illustres d’entre eux a fait l’objet de centaines d’essais, livresques et cinématographiques. Cinq ans après la mort de Vincent Van Gogh naissait le cinéma. Documentaires et fictions ont, depuis, rivalisé de moyens pour raconter sa vie, approcher son art.
Regarder Van Gogh à travers l’objectif d’une caméra se distingue de l’observation et de l’analyse opérées par l’historien d’art, le critique ou le simple amateur. On ne s’étonnera pas de constater qu’il y a à peu près autant de Van Gogh que de cinéastes l’ayant filmé. Mais, après tout, la quarantaine d’autoportraits du peintre ne révèle-t-elle pas autant de facettes différentes de son visage ? Ainsi l’autoportrait dit au chevalet n’a-t-il pas grand-chose à voir avec celui à l’oreille bandée.
Suivre les aventures de cette vie confinant à la légende est une manière d’accompagner les fluctuations d’un discours sur le peintre et, plus généralement, sur l’art.
Plutôt que d’empiler les titres en mélangeant videos muséographiques et documents pédagogiques, il a été jugé préférable de choisir neuf films réalisés en l’espace d’un demi-siècle, approximativement depuis le centenaire de la naissance de Van Gogh jusqu’à celui de sa mort. Ces films ont pour point commun d’être d’abord des œuvres de cinéma. Le peintre est leur prétexte et non leur but. Ce faisant, ils se soucient d’abord d’art cinématographique avant de rendre justice – si tant est qu’il faille le faire – à leur sujet, leur « motif ».
En retour, comme un miroir tendu à la caméra, la figure vangoghienne éclaire le cinéma dans sa recherche d’authenticité et, surtout, d’autonomie. Il s’agit donc de faire œuvre avec et par l’œuvre d’un peintre, c’est-à-dire un confrère. Et, dans la multiplication des images, Vincent disparaît peu à peu en persévérant dans son art.

L’attrait de Vincent van Gogh (2018) par Hervé Gauville aux Éditions Yellow Now ISBN 2873404221, 160 pages


