Mon Van Gogh avec Bernard Picon

Tout au long de l’année, Bice Curiger, directrice artistique de la Fondation, invite des personnalités du monde de l’art et de la culture à prendre la parole sur un aspect de l’œuvre et de la vie de Van Gogh qui les touche particulièrement.

Van Gogh et Cézanne : imaginaires paysagers et histoires de vie

L’injonction intimiste d’évoquer « mon Van Gogh » plutôt que Van Gogh m’incite à rendre compte de quelques sensations et réflexions personnelles inspirées par 40 ans de sociologie et de promenades dans les campagnes aixoises et arlésiennes « sur les pas » de Cézanne et de Van Gogh. 

Par comparaison, la différence de traitement de la lumière du Sud par ces deux peintres est-elle en rapport avec leur immersion locale et sociale pour le moins contrastée ? Pourquoi les paysages aixois sont-ils souvent qualifiés par les médias de « sites cézanniens » alors que la campagne arlésienne n’est jamais estampillée « van goghienne ? » Du rejet à l’adulation. En s’appuyant sur différentes recherches, on constate que les mécanismes sociaux de dévalorisation-revalorisation d’un artiste ou d’un territoire relèvent d’argumentaires culturels et symboliques pratiquement identiques.

Bernard Picon est sociologue et directeur de recherche émérite au CNRS. Il vit à Arles, où il a constitué une équipe de recherche interdisciplinaire sur la question environnementale envisagée du point de vue des interactions Homme-Nature. Il a notamment publié L’espace et le temps en Camargue, en 2008.

Crédit photo :
Vincent van Gogh, La Moisson, juin 1888
Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

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