L’incroyable Nicole Eisenman : Table ronde avec Claire Finch, Simon Pasieka & Elisabeth Lebovici, proposé par Clotilde Viannay

Samedi 17 septembre à 18h
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

À l’image de la revue L’Incroyable – qui a consacré un numéro à la jeunesse de Nicole Eisenman en plongeant dans le New York des années 1980-1990 à travers le regard de différent·es artistes et auteur·ices –, cette table ronde réunira quatre invité·es (bios ci-dessous) qui, ensemble, reviendront sur ce terreau culturel new-yorkais si spécifique, qui a vu naître les premières batailles de Nicole Eisenman, ainsi que ses premières œuvres.

Au cours de ces années formatrices, Nicole Eisenman découvre à New York la culture punk dans les clubs, notamment le Pyramid et ses performances drag, dans les librairies où iel achète des bandes dessinées, dans les squats et les jeunes galeries ainsi que dans les fanzines qu’iel commande par la poste. Une jeune génération gay, lesbienne, bi, transgenre, féministe, anarchiste, antiraciste, anticonsumériste, anticapitaliste, s’exprime à travers le pays dans ces autopublications alors que se forme dans les universités, au début des années 1990, un nouveau mouvement de pensée, la queer theory, porté, entre autres, par les idées de Judith Butler et d’Eve Kosofsky Sedgwick.

Il s’agira également de voir, lors de cette table ronde, comment les jeunes artistes peuvent se saisir de cet héritage radical – pour composer par exemple leurs fictions, comme le fait Claire Finch –, mais aussi d’identifier l’envergure picturale de leurs œuvres – ici à travers le regard de l’artiste peintre Simon Pasieka. Clotilde Viannay, rédactrice en cheffe de la revue L’Incroyable, reviendra quant à elle sur la contre-culture d’une époque connue et éprouvée par l’historienne de l’art et critique Élisabeth Lebovici.

Le travail de Nicole Eisenman est présenté à la Fondation Vincent van Gogh Arles jusqu’au 23 octobre au sein de l’exposition « Nicole Eisenman et les modernes. Têtes, baisers, batailles ».

>> L’exposition « Nicole Eisenman et les modernes. Têtes, baisers, batailles » est présentée jusqu’au 23 octobre 2022.
‼ Entrée gratuite les 16 et 17 septembre à l’occasion des journées du patrimoine

 

 

 

Biographies des intervenant·es

Clotilde Viannay
Après des études aux Beaux-arts de Paris, Clotilde Viannay participe à un projet de recherches initié par le sociologue Bruno Latour, à Sciences Po Paris, sur les nouvelles formes de représentations du territoire. Parallèlement, elle contribue à de nombreuses publications et expose dans des institutions telles que le Grand Palais à Paris lors de la triennale La Force de l’art, au palais de Tokyo, à la Fieldgate Gallery à Londres, au Museum of Art de Lianzhou en Chine ou encore au festival d’art contemporain le Printemps de septembre à Toulouse. En 2016, elle lance la revue L’Incroyable dont elle est la rédactrice en cheffe. Elle enseigne actuellement à la Haute école des arts du Rhin (HEAR) et à l’université Gustave-Eiffel.

Claire Finch
Claire Finch est auteur·rice et chercheur·euse. Son travail de « ficto-théorie » fait interagir études de genre et narrations radicales dans des récits exemplifiant des stars queer. Seul·e ou à plusieurs, comme avec le collectif d’autriX RER Q dont iel fait partie, Claire Finch donne des lectures, conférences et performances, hybridant les savoirs et les pratiques en France et à l’étranger.

Iel a fait paraître avec Justin Gajoux Kathy Acker 1971-1979 (éd. Ismael, 2019) et Chapter 15: I Lie On The Floor (éd. After 8 Books, 2021) et a contribué au volume Lettres aux jeunes poétesses (éd. L’Arche, 2021). Ses textes sont publiés dans de nombreuses revues universitaires et supports littéraires et artistiques. On lui doit, par ailleurs, avec sabrina soyer, la traduction de Debbie : une épopée de Lisa Robertson (éd. Joca Seria, 2021).

Simon Pasieka
Simon Pasieka est né en 1967 à Clèves sur les bords du Rhin. Élevé dans une famille catholique, il fréquente une école Steiner-Waldorf qui cherche à développer chez l’enfant la liberté, l’enthousiasme et la confiance plutôt que la crainte et l’esprit de compétition. Il étudie les beaux-arts en Basse-Saxe, région protestante, et développe une sensibilité pour la peinture des XVIIIe et XIXe siècles. Il s’intéresse aussi aux œuvres d’artistes du XXe siècle comme Otto Dix ou Balthus ainsi qu’à des courants artistiques tels que la nouvelle objectivité ou Fluxus.

Élisabeth Lebovici
Historienne et critique d’art, Élisabeth Lebovici concentre ses recherches sur l’art contemporain, le féminisme, les études de genre, les politiques queer et l’activisme LGBTQI. Elle publie de nombreux ouvrages dont, en 2007, Femmes/artistes, artistes/femmes, Paris de 1880 à nos jours, co-signé avec Catherine Gonnard, sur l’histoire des femmes artistes et, en 2017, Ce que le sida m’a fait, un récit à la première personne témoignant du schisme né de l’épidémie du sida dans l’histoire de l’art, du militantisme et de la théorie queer. Elle tient le blog le-beau-vice.blogspot.fr.

 

 

ci-dessus :

Nicole Eisenman, Self-Portrait Walking Down Street with an Outrageous Party Atmosphere Descending (Autoportrait arpentant la rue dans une ambiance de fête incroyable), 1997
Encre sur papier avec gesso; 130,8 × 146,7 cm
Collection Cathy & Jonathan Miller © Nicole Eisenman