Conférence : L’Œil de… David Brunel — Niko Pirosmani

 L’Œil de…

Les intervenants David Brunel, Manuel Fadat et Guela Tsouladzé apporteront à travers cinq conférences un éclairage spécifique sur les expositions.
En salle de conférence ou au cœur des salles d’exposition, leur analyse historique, philosophique ou sociologique, offrira aux visiteurs une approche transversale de l’art.

Premières séances en compagnie de David Brunel !
Jeudis 21 et 28 mars à 18H30 (durée 1h30)
L’ŒIL DE… DAVID BRUNEL
Gratuit sur inscription : T. 04 90 93 49 36 / reservation@fvvga.org

Des figures comme des lucioles — pour une poétique du fond — L’approche d’une image figurative ne se borne pas exclusivement à l’observation de sa figure centrale, à son sujet patent, à son premier plan. Le sujet du tableau s’inscrit dans un tout, dans un ensemble qui comporte un pourtour, un autour, un alentour, c’est-à-dire un décor dans lequel il s’implante, le terreau duquel il émerge. Les peintures de Niko Pirosmani viennent nous rappeler cela avec nitescence. Du fond doré de l’icône byzantine à la nature que la Renaissance a fait pousser en arrière-plan, que les avant-gardes ont pour certains repoussée, et que la peinture contemporaine distille toujours çà et là, la peinture a toujours joué avec, et compté sur, le fond du tableau.

Proche ou lointain, riche ou minimal, précis ou vague, ce dernier s’instaure comme une tonalité, un diapason sensoriel, une force de signification, le lieu dans lequel le peintre peut murmurer sa pensée pendant qu’au premier plan se joue la monstration et/ou la narration – la grande tâche historiale et mémorielle assignée à la peinture par Leon Battista Alberti dans son De Pictura, dont elle s’est libérée depuis.

Ce sont les fonds obscurs des tableaux de Niko Pirosmani que nous questionnerons donc car nous les présentons comme principe actif de sa peinture, ces ciels noirs, mais diurnes, ont levé cette phrase de Rimbaud : « J’écartai du ciel l’azur, qui est du noir ».

Une fois ce ciel examiné, ce sont ces figures, ces animaux, ces personnages et leurs métiers que nous aborderons en appui sur la photographie dix-neuvièmiste et d’avant-garde.

David Brunel est écrivain et photographe. Docteur en philosophie esthétique et études psychanalytiques, qualifié maître de conférences, il vit entre Arles et Amsterdam. Il dispense des cours en philosophie esthétique, histoire de l’art, histoire de la photographie et analyse critique dans diverses universités et écoles supérieures d’art.
Publications : Avec les cils comme rideaux, éd. de l’Épair (juin 2019) La Photographie vue de dos, éd. l’Harmattan, coll. Ouverture Philosophique (2015) Limons, éd. Loco (2014) Pour un voir en fuite, éd. de La Nuit (2013) La Photographie comme métaphore d’elle-même, éd. l’Harmattan, coll. Ouverture Philosophique (2012) Au bord du visible, l’indicible, éd. de La Nuit (2010)

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