Souffler de son souffle

« Le fait est que nous sommes des peintres dans la vie réelle
et qu’il s’agit de souffler de son souffle tant qu’on a le souffle. »

 
Lettre de Vincent van Gogh à Émile Bernard, Arles, le 26 juin 1888

 

Empruntant son titre à une lettre de Vincent van Gogh adressée au peintre Émile Bernard depuis Arles, l’exposition thématique « Souffler de son souffle » réunit 26 artistes issu·es de générations et de mouvements artistiques distincts. Orchestrant librement des associations poétiques entres les œuvres, le parcours se déploie sur l’ensemble des espaces de la Fondation Vincent van Gogh Arles.

avec :

Marina Abramovic & Ulay
Vito Acconci
Jean-Marie Appriou
Carlotta Bailly-Borg
Frank Bowling
Tracey Emin
MarKus döbeli
Hans Haacke
Francis Hallé
Hans Hartung
Hokusai
Rebecca Horn
Asger Jorn
Jutta Koether
Piero Manzoni
KRISTIN OPPENHEIM
Giuseppe Penone
Joyce Pensato
Vivian Springford
Vivian Suter
Andra Ursuta
Chloé vanderstraeteN
Gil Joseph Wolman
Wols

et Papillon de nuit géant, Saint-Rémy-de-Provence, mai 1889
VINCENT VAN GOGH

 

Le souffle renvoie à la notion de vibration, à la fois physique, vitale et psychique, qui anime la recherche de formes artistiques. Il mobilise également le concept de seuil, qui décrit une relation ouverte entre différents champs perceptifs et paradigmes : le spirituel et le prosaïque, l’épuisement et l’endurance, le culturel et le végétal ou encore le personnel et le politique.
 
Ainsi, au premier étage de l’exposition, l’œuvre miniature, délicate et nerveuse de Wols, précurseur de l’art informel, rencontre la performance filmée Breathing In / Breathing Out (1977) de Marina Abramović & Ulay, dans laquelle se joue le rapport complexe à la vie et à la survie. Dans les peintures de grand format de Vivian Springford, la couleur active dans notre champ de perception une pulsation chromatique qui résonne de manière quasi hypnotique. Quant au film L’Anticoncept de Gil Joseph Wolman (1951), il explore grâce à un dispositif de projection radical le pouvoir de la lumière et du son.
 
Au deuxième étage, les dessins succincts et poétiques du botaniste Francis Hallé entrent en relation avec les toiles sans châssis de Vivian Suter, séchées par le vent. L’œuvre en verre de Giuseppe Penone s’articule autour d’une physicalité sensible qui se tourne vers le monde végétal.
 
L’exposition propose donc des rapprochements inédits entre des œuvres créées principalement entre 1943 et aujourd’hui – à l’exception de celles de Van Gogh et Hokusai, datant du XIXe siècle –, afin de révéler le souffle comme leur principe commun.
 
 
Commissariat d’exposition :
Bice Curiger, Julia Marchand et Margaux Bonopera

 

 

 

1.  Lettre de Vincent van Gogh à Emile Bernard, Arles, le 26 juin 1888.
http://vangoghletters.org/vg/letters/let632/letter.html
2.  Théo Casciani, « Pfff », catalogue d’exposition Souffler de son souffle (à paraître).

 

 

ANDRA URSUTA, False Hope [Faux espoir], 2020
Teinture photoréactive sur velours
114,9 × 96,8 cm
Courtesy : Applicat Prazan
JOYCE PENSATO, Blue Mickey, 1998
Peinture émaillée sur toile
229 x 183 cm
Collection privée
HOKUSAI, MANGA DATANT DE 1814-1878
Gravure sur bois
Collection Ruth + Peter Herzog, Bâle
HANS HARTUNG, T1989-K18, 1989
Acrylique sur toile, 185 × 300 cm
Fondation Hartung-Bergman, Antibes
Courtesy : Fondation Hans Hartung et Anna-Eva Bergman, 1994

 

PEINTURE EN HAUT :
VIVIAN SPRINGFORD, Untitled (Tanzania Series) [Sans titre (Séries Tanzanie)], 1971

Courtesy : Beth et Wyatt Crowell, la Vivian Springford Administration et Almine Rech
© Vivian Springford Administration. Photographie : Matt Kroening