Laura Owens & Vincent van Gogh

du 19 juin au 31 octobre 2021

Durant l’été 2021, la Fondation Vincent van Gogh Arles présente une exposition réunissant de nouvelles œuvres de Laura Owens, l’une des artistes américaines les plus connues de sa génération, et sept tableaux de Van Gogh, pour la plupart exécutés à Arles et aux alentours.

Depuis vingt-cinq ans, Laura Owens interroge les paramètres du médium pictural, dont elle élargit les possibilités en abattant les frontières qui le séparent d’autres disciplines de la culture visuelle et matérielle, telles que la broderie, le design, l’illustration pour enfants et le dessin numérique. Pour cette exposition, ses créations feront écho aux tableaux de Van Gogh et noueront un dialogue avec eux. Laura Owens a passé la majeure partie de l’année 2020 à Arles et dans ses environs, et ses dernières œuvres sont le fruit de recherches approfondies sur l’histoire de la ville et sur les liens qu’y a tissés Van Gogh.

Comme la plupart des artistes, Laura Owens a découvert l’œuvre de Van Gogh dans son enfance et n’a cessé de s’y référer de différentes façons au cours de sa carrière. Sans titre (1997), l’une des œuvres qui l’a fait connaître, aujourd’hui conservée dans la collection du Whitney Museum of American Art, représente des oiseaux noirs planant sur la mer, qui évoquent le Champ de blé aux corbeaux (1890) de Van Gogh. L’emploi conceptuel d’un impasto aux accents dramatiques, en particulier depuis 2012, rappelle la texture des plus célèbres tableaux de l’artiste néerlandais.

Certains des sept Van Gogh qui seront exposés à la Fondation Vincent van Gogh Arles sont prêtés par des musées avec lesquels Laura Owens entretient des liens profonds. Hôpital à Saint-Rémy (1889) provient du Hammer Museum à Los Angeles, ville où elle réside quand elle n’est pas à Arles. Parmi les autres prêts exceptionnels figure Les Champs, toile peinte par Van Gogh à Auvers-sur-Oise à la toute fin de sa vie.

Laura Owens accorde beaucoup d’importance aux lieux où elle expose. Ses premières œuvres dialoguaient souvent avec l’architecture des galeries ; plus récemment, l’artiste a installé ses toiles comme s’il s’agissait de sculptures et incorporé ses peintures aux murs des espaces d’exposition. Pour la Fondation, elle a créé un immense tableau : un papier exceptionnel, peint à la main et sérigraphié, qui recouvrira les murs des salles où seront présentées les œuvres de Van Gogh. De nombreux motifs de ce papier peint reprennent des dessins de Winifred How. Alors qu’elle réfléchissait à la proposition d’exposition à Arles qui lui était faite, Laura Owens a découvert dans des archives à Los Angeles le travail de cette dessinatrice active à Londres peu après la mort de Van Gogh. Mesurant l’incroyable célébrité du peintre néerlandais face à l’obscurité totale d’une autre artiste qui lui était quasiment contemporaine, Laura Owens a décidé de rendre hommage à l’œuvre de Winifred How en en faisant la toile de fond de celle de Van Gogh.

L’exposition mettra également à l’honneur plusieurs livres d’artiste inspirés par les lettres et l’œuvre de Van Gogh, dont un pour chaque tableau prêté. Le visiteur pourra découvrir leur contenu en les ouvrant et en dépliant leurs pages subtilement animées.  Véritables sculptures de papier, ces ouvrages seront présentés sur des tables fabriquées pour l’occasion, qui cacheront des dispositifs permettant de les mettre en mouvement, pour une expérience à la fois intime et magique. Ces livres se nourrissent aussi des recherches de Laura Owens sur l’épidémie de choléra de la seconde moitié du XIXe siècle, qui fait écho aux circonstances de son séjour arlésien en 2020.

Le rêve de Van Gogh de fonder une communauté artistique à Arles rejoint les initiatives prises par Laura Owens tout au long de sa carrière pour créer des espaces d’exposition ouverts à d’autres artistes. En partenariat avec Maja Hoffmann et LUMA Arles elle a lancé un projet similaire à Arles, transformant un immeuble du centre-ville en atelier et logements pour des artistes en résidence, dont les œuvres – et les siennes – empliront peu à peu le lieu.

Co-organisée par Bice Curiger (directrice artistique de la Fondation) et Mark Godfrey (historien de l’art britannique, critique et conservateur), l’exposition dévoilera la façon dont Laura Owens explore les images, les couleurs et les techniques de Van Gogh, qui offrent un cadre conceptuel à ses recherches.

LAURA OWENS
Laura Owens (née en 1970) est l’une des peintres les plus acclamées de sa génération. Née dans l’Ohio, elle a étudié au California Institute of the Arts de Valence et à la Rhode Island School of Design de Providence. Elle vit et travaille à Los Angeles.
Son travail a récemment fait l’objet d’une rétrospective au Whitney Museum of American Art à New York (2017-2018), qui a ensuite voyagé au Dallas Museum of Art (2018) puis au Museum of Contemporary Art à Los Angeles (2018-2019), avec une soixantaine de tableaux datant des années 1990 à nos jours.
Owens est reconnue pour son approche variée et expérimentale du médium de la peinture – un travail qui englobe une variété de références, allant de l’avant-garde à la culture populaire en passant par le décoratif.
On compte parmi ses expositions récentes celles au CCA Wattis Institute for Contemporary Arts (San Francisco, 2016), à Sécession (Vienne, 2015) et au Kunstmuseum Bonn (2011).

 

VINCENT VAN GOGH (1853-1890)
Vincent van Gogh naît le 30 mars 1853 à Groot-Zundert, aux Pays-Bas. À 16 ans, il est employé par la société de négoce d’art Goupil & Cie à La Haye, puis travaille pour les filiales de Bruxelles, Londres et Paris. Se désintéressant du commerce artistique, il se tourne vers la religion et se fait prédicateur laïc en Belgique, de 1878 à 1879. Il décide de devenir artiste en août 1880.
Il se veut le peintre de la vie quotidienne, notam- ment paysanne, et s’inspire, entre autres, de Jean-François Millet. Paysages et natures mortes définissent aussi son oeuvre. En 1886, il découvre à Paris l’art de l’estampe japonaise, et côtoie les artistes du mouvement impressionniste.
Convaincu que la couleur est la clé de la modernité, Van Gogh part en Provence chercher la lumière et les couleurs éclatantes. Rêvant d’y créer une communauté artistique, il s’installe à Arles en février 1888. Gauguin le rejoint en octobre mais, fin décembre, leur collaboration s’avère impossible. En mai 1889, déçu et malade, Van Gogh demande à intégrer un hôpital à Saint-Rémy-de-Provence.
Il y demeure une année, poursuivant sa recherche d’un art expressif, basé sur la couleur et la touche.
Durant ces vingt-sept mois passés en Provence, Van Gogh produit plus de 500 tableaux et dessins.
En mai 1890, il part pour Auvers-sur-Oise où, en l’espace de deux mois, il peint les 70 derniers tableaux d’une oeuvre qui comptera plus de 2 000 pièces. Il meurt le 29 juillet 1890 à l’âge de 37 ans.
Son génie artistique et son tragique destin font de lui une véritable icône internationale.

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Ci-dessus : deux vues de l’exposition
Laura Owens, Untitled [Sans titre], 2021
Peinture à l’huile, acrylique, aquarelle, pastel, encre pour sérigraphie, flocage et sable coloré  sur papier peint couché à l’argile
Courtesy : l‘artiste et Sadie Coles HQ, Londres
Photos : Annik Wetter
avec dans la deuxième photo : 
Vincent van Gogh, Fermes près d’Auvers, juin 1890
Huile sur toile, 50,2 × 100,3 cm
Legs de C. Frank Stoop, 1933
Tate Britain, Londres
© Tate, London 2019

 

Laura Owens, Untitled [Sans titre], 1997          
Acrylique et modelling paste sur toile, 248,8 × 304,8 cm
Courtesy : l’artiste ; Sadie Coles HQ, London ; Galerie Gisela Capitain, Cologne
Promesse de don de Thea Westreich Wagner et Ethan Wagner
Whitney Museum of American Art, New York

Vincent van Gogh, Hôpital à Saint-Rémy, Saint-Rémy-de-Provence, Octobre 1889
Huile sur toile, 92,2 × 73,4 cm
Collection Armand Hammer, don de la Fondation Armand Hammer
Hammer Museum of Art, Los Angeles
© The Armand Hammer Collection

Vincent van Gogh, Les Pissenlits, Saint-Rémy-de-Provence, avril 1889
Huile sur toile, 35,5 × 57 cm
Don d’Herbert et Charlotte Wolfer-de Armas, 1973
Kunst Museum Winterthur
© Kunstmuseum Winterthur