Ouvert aujourd’hui de 10 h à 18 h
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Yan Pei-Ming

Night of Colours

20 sept. 2014 – 17 mai 2015

Né en 1960 à Shanghai, Yan Pei-Ming arrive en France en 1980. À cette époque, la diaspora des artistes fuyant une Chine où règne la théorie du réalisme socialiste se sépare en deux groupes. L’un s’installe provisoirement à New York ; l’autre, riche de personnalités telles que Chen Zhen, Huang Yong Ping, Wang Du et Yan Pei-Ming, se rassemble durablement à Paris. En 2005, sa ville natale consacra une importante exposition personnelle à celui qui s’est imposé en Occident comme l’un des plus grands peintres de sa génération.

L’art de Yan Pei-Ming est celui d’un « modernisateur ». Séculier, hors idéologie, son bras prolonge avec la vitesse de l’exécution ce que le romantisme pictural de la première moitié du XIXe  siècle avait imaginé sans pouvoir le réaliser pleinement : le dépassement de la priorité accordée au sujet par sa saturation picturale. Un demi-échec qui laissera la porte ouverte, dans le dernier tiers du siècle, à une autre solution, longtemps considérée plus radicale, à savoir sa progressive disparition — celle que viendra consacrer la naissance de l’abstraction après 1910.

L’exposition de Yan Pei-Ming à la Fondation s’invente comme un nocturne . Si Arles, de l’étroitesse de sa chambre à l’amplitude infinie de la nuit étoilée, a su constituer pour Vincent van Gogh la matrice d’un moment artistique d’exception, c’est le Monde, rendu si proche par la circulation de l’information, qui gravite dans les récits d’images de Yan Pei-Ming, peintre d’histoire(s). Alors que le noir et blanc détermine sa portée habituelle, voilà que les couleurs s’insinuent, irisent la composition ou s’emparent du tableau sans jamais retirer leur puissance évocatrice aux angoisses de la nuit. Du coup, l’oeuvre de l’artiste prend sa part de couleur et en assume l’entière subjectivité.

C’est comme si, pour laisser place à l’épanouissement de ses propres présences et événements qu’elle n’a de cesse d’énergiser, la peinture de Yan Pei-Ming avait réuni là les conditions approximatives d’un rituel d’exorcisation. Celui des spectres et démons que libère, quoi qu’on en pense et quoiqu’on fasse, le parrainage obligé du peintre hollandais suicidé.

Xavier Douroux, commissaire de l’exposition « Night of Colours ». Codirecteur du Consortium à Dijon et fondateur des Presses du réel

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