Niko Pirosmani – Promeneur entre les mondes | Vincent van Gogh : Vitesse & Aplomb

Niko Pirosmani
Promeneur entre les mondes 
avec les hommages de Tadao Andō, Christina Forrer, Adrian Ghenie, Raphaela Vogel
Shirana Shahbazi, Yoshitomo Nara, Andro Wekua, Georg Baselitz, Iliazd & Pablo Picasso

Vincent van Gogh
Vitesse & Aplomb

Expositions du 2 mars au 20 octobre 2019

             

    L’exposition « Niko Pirosmani – Promeneur entre les mondes » regroupe près d’une trentaine de tableaux du peintre géorgien (1862-1918) présentant le panorama réel et imaginaire, d’un grand calme, d’une époque en pleine transition. Les imposantes figures de l’artiste, au graphisme puissant, sont diverses : un train la nuit en pleine campagne, une femme au bock de bière, un sanglier monumental et, parfois, des animaux comme une girafe ou un lion, issus de territoires fantasmés. Rarement datés, ses tableaux sur toile cirée sont largement composés en noir et blanc, animés par la présence de bleu ou de blanc.

Autodidacte, vagabond, promeneur entre ville et campagne, Pirosmani incarne la vision populaire moderne de l’artiste marginal lucide. Loin des espaces symboliques intermédiaires que sont les galeries, les associations d’artistes et les musées, Pirosmani a forgé une œuvre imprégnée de modestie dans les tavernes et les étables de Tbilissi et de ses alentours, travaillant à la commande ou proposant son art en échange de nourriture. Il s’éloigne de l’image du peintre naïf muré dans sa solitude et bâtit un art qui semble appartenir à tous, à l’instar de Van Gogh.

Regroupant pour la première fois les œuvres de ces deux artistes dans un même lieu, « Niko PirosmaniPromeneur entre les mondes » revêt ainsi un caractère exceptionnel. Le peintre géorgien est en effet présenté à la Fondation en regard de six œuvres de Van Gogh, réunies sous le titre « Vincent van Gogh : Vitesse & Aplomb ». Produites entre 1884 (la période hollandaise) et 1889 (la période provençale), ces toiles transmettent, elles aussi, un sentiment de vitesse et témoignent d’un humble regard porté sur les gens et les choses entourant l’artiste néerlandais.

 

L’influence de Pirosmani sur l’art et la vision de ses contemporains est manifeste. Son œuvre se trouve prise dans un faisceau d’émulation qui nourrit alors les différentes avant-gardes de l’époque, russe et parisienne. Alors attentive à des artistes dont le travail, vu comme « authentique », signale un rejet du conformisme de l’académie, l’avant-garde russe accorde une belle présence à Pirosmani lors de l’exposition « La Cible », tenue à Moscou en 1913. La gravure de Pablo Picasso Portrait de Niko Pirosmani (1972), présentée dans l’exposition à Arles, raconte pour sa part l’emprise de l’œuvre du Géorgien sur le cercle de l’avant-garde moderne française.

L’héritage qu’il a transmis à la création contemporaine mérite, lui aussi, qu’on s’y attarde. Ponctuée d’hommages se déployant au second étage de la Fondation, l’exposition accueille entre autres une œuvre inédite de Tadao Andō : une table monolithe monumentale composée de roses bleues, « tombeau métaphorique à la mémoire de cet artiste », selon les mots de l’architecte japonais. L’influence de Pirosmani se poursuit de manière inédite à travers des artistes telles Raphaela Vogel et Christina Forrer.

Les évènements de l’Histoire ont tenu éloigné de France cet artiste pendant de nombreuses décennies. Il est grand temps aujourd’hui de rendre ses créations accessibles au grand public.

 

L’exposition Pirosmani a été réalisée en collaboration avec
Adrian Barsan, Infinitart Foundation Vienna, initiateur du projet,
le musée national de Géorgie et son directeur général David Lordkipanidze,
le Ministère de l’éducation, des sciences, de la culture et des sports de Géorgie,
et le musée Albertina à Vienne.

 
Légendes et crédits :
Niko Pirosmani, Le Train de KakhétieHuile sur carton, 70 × 140 cm, Musée national de Géorgie, Musée des beaux-arts Shalva Amiranashvili, Tbilissi © Infinitart Foundation Vienna / photo : Roberto Bigano
Vincent van Gogh, L’Arlésienne (Madame Ginoux), Saint-Rémy-de-Provence, février 1890. Huile sur toile, 60 × 50 cm. Galleria nazionale d’Arte moderna e contemporanea, Rome
Niko Pirosmani, Femme au bock de bière. Huile sur toile cirée, 114 x 90 cm. Musée national de Géorgie, Musée des beaux-arts Shalva Amiranashvili, Tbilissi © Infinitart Foundation Vienna / photo : Roberto Bigano
Vidéo animée : Thomas Harnett O´Meara, réalisateur — Infinitart Foundation Vienna, producteur — Dato Evgenidze et Dimitrios Ntonis, musique.

 

Biographie de Niko Pirosmani

Le peintre géorgien Niko Pirosmani (1862-1918) considérait l’art comme un vaste continent. Il est lui-même un marginal, un vagabond, un homme qui a sciemment choisi l’errance comme forme de vie. Sa vie est rapidement marquée par l’échec et par une incapacité à se fondre dans un tissu social et culturel normé. Orphelin, les différents drames de sa vie l’ont amené à n’user que de ses talents de peintre pour survivre dès les années 1900. Seul un dixième de sa production totale serait parvenue jusqu’à nous. Il meurt quelques jours avant la première et courte indépendance de la Géorgie et est inhumé dans un lieu demeurant inconnu. Son héritage artistique est indéniable.

Pirosmani fut reconnu de son vivant comme l’un des grands artistes géorgiens de son temps. Cette réception favorable a été incitée par Mikhaïl Le Dentu, qui découvre en 1912 les œuvres du peintre géorgien dans un cabaret et plusieurs tavernes de Tbilissi grâce aux frères Ilia et Kirill Zdanevitch.

Les toiles de Pirosmani, dont la Femme au bock de bière, sont présentées en 1913 à Moscou au sein de l’exposition « La Cible » organisée par le groupe de la Queue d’Âne, aux côtés des oeuvres de Natalia Gontcharova, Mikhaïl Larionov et Kasimir Malevitch. En 1914, un projet d’exposition des toiles Pirosmani, porté notamment par Illia Zdanevitch, doit être suspendu en raison de la guerre.

Admiré par les artistes géorgiens de son époque, Pirosmani devient un véritable symbole national. Sa consécration est marquée par la présentation de cent de ses tableaux en 1929 au sein du musée national de Géorgie. Ce n’est qu’à partir de la fin des années 1960 que les œuvres du peintre sont montrées à l’international, et notamment à Paris en 1969 au musée des Arts décoratifs. En 1999, le musée des Beaux-Arts de Nantes organise une grande exposition et édite à cette occasion un catalogue détaillé. En 1995, Bice Curiger organise à la Kunsthaus de Zurich l’exposition « Signes et Merveilles » dans laquelle trente œuvres de Niko Pirosmani sont présentées aux côtés de celles d’artistes d’aujourd’hui.

 

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